Une journée de sensibilisation au lycée André-Campa a réuni élèves, enseignants et acteurs du monde judiciaire pour mieux comprendre le harcèlement et ses conséquences.
Le lycée André-Campa a consacré une journée entière à la lutte contre le harcèlement scolaire. Une initiative réunissant élèves, enseignants et acteurs du monde judiciaire afin de mieux comprendre ce phénomène et ses conséquences.

Face aux représentants de la justice et à leurs professeurs ambassadeurs du dispositif pHARe, 91 lycéens sensibilisés.
91 élèves du lycée professionnel ont ainsi échangé avec plusieurs intervenants : Rodolphe Jarry, procureur de la République de Pau, Béatrice Penaud-Ducournau, vice-présidente du tribunal correctionnel, Laurent Dufaur-Dessus et Jewed-Mehdi Ben Youssef, avocats, Alice Rossignol, juriste à l’APAVIM (Association paloise d’aide aux victimes), ainsi que Bertrand Delcroix, secrétaire général de la DSDEN.


Accueillie par le proviseur Ali Boucheta, son adjoint Valéry Bizière et les enseignants référents harcèlement Justine Le Sommer et M. Foury, la rencontre s’inscrivait dans le cadre du programme national pHARe (Prévenir le Harcèlement et Agir avec Respect).
Au lycée Campa, ce dispositif mobilise largement la communauté éducative. Une vingtaine d’adultes participent à la prévention et au repérage des situations. L’établissement a également fait le choix de former rapidement l’ensemble des enseignants afin de pouvoir réagir plus efficacement en cas d’alerte.
Les échanges avec les élèves se sont appuyés sur la projection de vidéos primées au concours « Non au harcèlement », utilisées comme support de discussion. Cyberharcèlement, diffusion d’images intimes, violences physiques ou humiliations publiques : les différentes formes que peut prendre le phénomène ont été évoquées.
Un délit pénal
Les intervenants ont également rappelé que le harcèlement constitue aujourd’hui un délit pénal. Dans les cas les plus graves, les faits peuvent être signalés à la justice. L’article 40 du code de procédure pénale impose d’ailleurs aux agents publics, dont les personnels de l’Éducation nationale, d’informer le procureur de la République lorsqu’ils ont connaissance d’un crime ou d’un délit. Autre outil évoqué devant les élèves : le 3018, numéro national gratuit permettant de signaler les situations de harcèlement ou de cyberharcèlement et d’obtenir écoute et accompagnement.
Tout au long de la journée, d’autres actions ont complété ce travail de sensibilisation : projection du film « Marion, 13 ans pour toujours », lectures de témoignages et parcours pédagogique au sein de l’établissement.
Au fil des échanges, un message s’est imposé : face au harcèlement, la parole et la vigilance de chacun restent essentielles.
Comprendre la mécanique du harcèlement
Le harcèlement ne se limite pas aux violences physiques. Il peut aussi être psychologique, se manifester par des moqueries répétées, des humiliations ou de l’exclusion.
Souvent, le harceleur cherche à s’imposer dans un groupe en écrasant quelqu’un qu’il perçoit comme plus vulnérable. Le phénomène s’amplifie lorsque les témoins rient, cautionnent ou restent passifs. À l’inverse, l’absence de soutien du groupe peut rapidement faire tomber cette domination. Les intervenants ont rappelé la responsabilité des témoins : soutenir la victime, désamorcer la situation lorsque c’est possible, alerter un adulte (enseignant, CPE, psychologue, direction, parents) ou contacter le 3018. Respect de la vie privée, droit à la différence et vigilance collective constituent ainsi des clés essentielles pour briser la mécanique du harcèlement.










